Appliquer l’Indigenous Youth Mentorship Program (IYMP) à grande échelle

Appliquer l’Indigenous Youth Mentorship Program (IYMP) à grande échelle

Il n’y a pas si longtemps, il était rarissime qu’un enfant développe le diabète de type 2, qui était jusqu’alors considéré comme une maladie d’adulte. Or, le diabète de type 2 est aujourd’hui l’affection chronique pédiatrique qui connaît la croissance la plus rapide, et les populations autochtones sont parmi les plus touchées. Au Canada, près de la moitié des nouveaux cas de diabète de type 2 signalés dans les cliniques d’endocrinologie sont diagnostiqués chez des enfants et des jeunes autochtones, et cette tendance devrait se poursuivre. Les stratégies relatives à la santé des Autochtones sont prioritaires pour les décideurs provinciaux et fédéraux, à une époque où les différents organismes canadiens cherchent à répondre aux préoccupations soulevées dans les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. À cet égard, de nombreux programmes visant à encourager la participation des jeunes à des activités qui favorisent de saines habitudes de vie existent. Toutefois, ils ne sont pas tous adaptés aux besoins et aux traditions propres aux peuples autochtones. Ce sont ces lacunes qui ont inspiré la création de l’Indigenous Youth Mentorship Program (IYMP ou programme de mentorat pour les jeunes Autochtones), autrefois connu sous le nom d’Aboriginal Youth Mentorship Program. Cette approche à l’égard du bien-être fondée sur la résilience a été mise au point conjointement avec des jeunes et des leaders autochtones originaires de Winnipeg et du nord du Manitoba, et un groupe composé de chercheurs et de membres de la collectivité. L’initiative est actuellement dirigée par Jon McGavock de l’Université du Manitoba. Offert par des adolescents autochtones pour les enfants autochtones de leur collectivité, l’IYMP mise sur les capacités de ses participants et contribue à bâtir des communautés saines et inclusives. Le programme s’inspire de la roue de médecine autochtone, une conception de la santé appelée « Cercle du courage » qui a été adoptée par le chercheur lakota Martin Brokenleg et qui regroupe quatre aspects : l’appartenance, l’indépendance, la maîtrise et la générosité. Offert après l’école, il propose aux élèves d’âge scolaire au primaire des activités physiques animées par des pairs, des collations santé, des jeux et des activités éducatives et de leadership. Chaque communauté participante a la possibilité d’adapter les différentes facettes du programme de manière à ce qu’elles répondent aux besoins, enseignements et valeurs culturelles propres à ses membres.

L’IYMP est présentement offert dans treize communautés autochtones partout au Canada. Les premiers résultats obtenus à ce jour montrent que les enfants et les jeunes qui ont pris part au programme ont développé une meilleure estime de soi, prennent moins de poids et font de meilleurs choix alimentaires, comparativement à ceux qui n’y ont pas participé. Par ailleurs, une première évaluation du programme a révélé une diminution des facteurs de risques associés au diabète de type 2 (le risque de développer la maladie ayant diminué jusqu’à 12 %). Devant un tel succès, Action diabète Canada et l’équipe de l’IYMP se doivent de reproduire cette initiative à plus grande échelle dans les communautés autochtones. Heureusement, avec l’aide de généreux donateurs, Diabète Canada et la Société Financière Manuvie, nous avons franchi un pas de plus vers l’atteinte de cet objectif. Grâce au financement octroyé par ces partenaires, nous offrons désormais l’IYMP à la First Nations School of Toronto, le premier site situé dans un centre-ville. Une fois l’efficacité de ce programme confirmée, nous planifions l’ouverture d’autres sites dans le nord de l’Ontario au cours de l’année 2018-2019.

La roue de médecine autochtone est une conception de la santé appelée « Cercle du courage ». Ce modèle de développement positif des jeunes a été décrit pour la première fois dans le livre Reclaiming Youth at Risk, écrit conjointement par Larry Brendtro, Martin Brokenleg et Steve Van Bockern. Il intègre des philosophies autochtones relatives à l’éducation des enfants, l’héritage des pionniers en matière d’éducation et de travail auprès des jeunes, et les conclusions de la recherche contemporaine sur la résilience. Le Cercle du courage est basé sur quatre éléments dont tous les enfants ont besoin pour grandir : l’appartenance, la maîtrise, l’indépendance et la générosité.

Les membres de notre cercle de patients autochtones contribuent au développement d’une approche d’engagement respectueuse à l’égard de la recherche axée sur le patient.


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