Soins des pieds et prévention de l’amputation d’un membre inférieur

Réalisations du groupe de travail

Les résultats de l’étude décrits ci-dessous ont été présentés à l’occasion de rencontres scientifiques nationales et internationales. En voici quelques exemples :

Assemblée annuelle sur la chirurgie vasculaire de la Société de chirurgie vasculaire à Boston (2018)

Assemblée scientifique annuelle de la Société canadienne de chirurgie vasculaire à Montréal (2018)

Congrès de Plaies Canada à London (2018)

Congrès mondial sur la cardiologie et la santé cardiovasculaire à Dubaï (2018)

Résultats issus des projets publiés

Résultats issus des projets publiés

  • Étude populationnelle sur tous les patients aux prises avec des ulcères du pied diabétique qui ont admis dans les unités de médecine interne générale de sept hôpitaux de Toronto (2010‑2015).
  • Nous avons constaté que les coûts de traitement étaient beaucoup plus élevés pour les patients hospitalisés aux prises avec un ulcère du pied diabétique comparativement aux patients présentant d’autres complications causées par le diabète et aux cinq affections les plus coûteuses.
  • Ce constat met en évidence la nécessité de concentrer nos efforts sur les stratégies de prévention de l’ulcère du pied et d’orienter l’élaboration des politiques en matière de santé à cet égard

2.Tendances populationnelles à long terme entourant l’amputation d’un membre inférieur pour le traitement du diabète et de la maladie artérielle périphérique

  • En général, les taux d’amputation ont augmenté au cours des dix dernières années, notamment en raison de la hausse des amputations mineures.
  • Le nombre d’amputations majeures a légèrement diminué chez les personnes atteintes de la maladie artérielle périphérique; toutefois, il est demeuré stable chez les personnes diabétiques.
  • Les taux d’amputation d’un membre inférieur causée par le diabète ont augmenté au cours des dix dernières années. Ces données viennent confirmer la nécessité de redoubler d’efforts pour prévenir la perte d’un membre chez les patients diabétiques et diminuer le fardeau imposé par les amputations.

3.Variation régionale des taux d’amputation chez les patients atteints du diabète ou de la maladie artérielle périphérique : un plan directeur pour améliorer la situation

  • Il est ressorti de cette étude populationnelle transversale que les taux d’amputation chez les patients atteints du diabète ou de la maladie artérielle périphérique variaient considérablement dans les 14 régions sanitaires administratives de l’Ontario.
  • Ces différences notables entre les taux d’amputation traduisent probablement les fortes disparités que l’on retrouve dans les régions en ce qui concerne le fardeau de la maladie et les soins des pieds.
  • Il est nécessaire de mieux intégrer les services de prévention, les soins de courte durée en lien avec les complications et la revascularisation associées au pied, la réadaptation de même que les soins des plaies.

4.Soins de fin de vie à la suite d’une amputation majeure causée par le diabète ou la maladie artérielle périphérique

  • Étude de cohorte populationnelle et rétrospective portant sur tous les décès enregistrés chez les patients atteints du diabète ou de la maladie artérielle périphérique en Ontario, au Canada, entre 2011 et 2017.
  • Les soins palliatifs sont sous-utilisés à la suite d’une amputation majeure chez les patients atteints du diabète ou de la maladie artérielle périphérique. Pourtant, ils peuvent contribuer à abréger la durée totale de l’hospitalisation en fin de vie.

5. Étude de synthèse intitulée Peripheral artery disease among Indigenous Canadians : What do we know? (maladie artérielle périphérique chez les Autochtones canadiens : que savons nous?)

Les difficultés et les incertitudes associées à la recherche sur la santé des Autochtones sont souvent attribuables à de nombreuses raisons, dont le manque d’accès aux soins de santé, l’absence de surveillance, ainsi que le manque d’information pertinente qui en découle. Pour cette raison, il est essentiel de poursuivre la recherche dans ce domaine pour, d’une part, mieux comprendre la santé des Autochtones et, d’autre part, définir un paysage de recherche et de politique favorisant la mise en place d’interventions efficaces et ciblées en santé publique de concert avec les dirigeants autochtones, les fournisseurs de soins de santé et les patients qui agissent en tant que partenaires de premier plan durant ce processus.

1. Effets prévus au cours des deux prochaines années

Réduire les complications liées au pied diabétique grâce à une intervention multidisciplinaire faisant appel aux podologues : essai clinique randomisé

Diabète Canada a récemment publié des statistiques alarmantes sur le taux d’amputation chez les personnes aux prises avec des ulcères du pied diabétique, l’une des complications majeures les plus redoutées du diabète. L’Ontario affichait l’un des pires résultats parmi les provinces canadiennes; selon les estimations, une amputation d’un membre inférieur y est pratiquée toutes les quatre heures. D’après la Fédération internationale du diabète, les personnes diabétiques ont de 15 à 40 fois plus de risques d’avoir besoin d’une amputation d’un membre inférieur comparativement à la population générale. Près de 85 % des amputations surviennent à la suite de l’apparition d’un ulcère du pied neuropathique. Par ailleurs, de 15 à 25 % des personnes diabétiques risquent de développer un ulcère du pied au cours de leur vie. Enfin, 50 % des patients décèdent cinq ans après une amputation [1].

L’équipe chargée de notre programme de recherche sur les soins des pieds et la prévention des amputations a réussi à obtenir du financement pour appliquer son programme faisant appel à l’expertise des podologues grâce à une subvention de fonctionnement des IRSC octroyée pour les essais cliniques novateurs de la SRAP (dont Action diabète Canada est un partenaire financier). Ce programme visera à réduire le taux d’amputation chez les patients aux prises avec le diabète et une insuffisance rénale chronique. Il mesurera les effets sur la qualité de vie des personnes touchées, les taux d’amputation d’un membre inférieur et d’hospitalisation connexe, de même que les taux de réadmission à l’hôpital. Si l’étude est concluante, elle pourrait démontrer l’utilité de mettre sur pied un plan de traitement économique axé sur le patient qui améliorera la prise en charge de l’ulcère du pied diabétique dans le système de santé canadien.

2. Plans d’intervention pilotes pour les personnes aux prises avec un ulcère du pied diabétique, depuis l’admission à l’hôpital jusqu’à la réadaptation

Selon une analyse économique de la santé, les ulcères du pied diabétique qui entraînent une hospitalisation prolongée ou une amputation figurent parmi les coûts les plus élevés de notre système de soins de santé. Le diabète et ses complications entraînent des coûts directs de 1,6 milliard de dollars en soins de santé en Ontario, dont 400 millions de dollars sont liés uniquement à la maladie de l’ulcère du pied diabétique. Une analyse menée récemment par le groupe GEMINI de l’Hôpital St. Michael’s a révélé que, dans sept hôpitaux de Toronto, le coût moyen du traitement d’un ulcère du pied diabétique chez les patients hospitalisés est de 22 754 $ par séjour à l’hôpital et s’élève à 48 808 $ s’il est nécessaire de procéder à une amputation majeure.

Cette équipe a récemment mis sur pied un plan d’intervention pilote complet à l’Hôpital St. Michael’s de Toronto. Ce plan d’intervention permet d’assurer le suivi, depuis l’admission à l’hôpital jusqu’à la réadaptation, des patients aux prises avec un ulcère du pied diabétique qui ont besoin d’un traitement intensif, un processus qui était jusqu’alors fragmenté. Ce processus repose sur une approche faisant appel aux podologues, laquelle prévoit des évaluations à partir de l’entrée en salle d’urgence jusqu’à la réadaptation, grâce au triage approprié de l’équipe chargée de la médecine interne et de la chirurgie vasculaire.

3. Dispositif mobile pour l’évaluation multispectrale des tissus (MIMOSA)

MIMOSA est un outil de dépistage précoce qui a été développé par la Dre Karen Cross, chirurgienne‑scientifique à l’Hôpital St. Michael’s de Toronto, et M. General Leung, physicien en résonance magnétique au même établissement, pour aider les patients diabétiques à éviter de subir une amputation.

Les glucomètres personnels ont profondément transformé la prise en charge du diabète il y a 35 ans. Ainsi, grâce au dépistage précoce et à un plan d’intervention rapide, un dispositif personnel pour la surveillance de la santé des pieds pourrait avoir les mêmes effets sur les amputations causées par l’ulcère du pied diabétique. À l’aide de cette technologie non invasive, il est possible de prédire la date d’apparition d’un ulcère avant qu’il ne soit visible à l’œil nu.

La première phase a été mise à l’essai dans le système hospitalier de Toronto; la deuxième phase, qui commence dans quelques semaines, ciblera d’autres types de centres de soins de santé. Pour sa part, la troisième phase sera axée sur les participants vivant en milieu rural.

Outre les frais personnels assumés par le patient qui est incapable de travailler, le traitement de l’ulcère du pied diabétique coûte 547 millions de dollars par année au système de soins de santé du Canada. Le coût d’une amputation pour le système de soins de santé du Canada est de 10 à 40 fois supérieur au coût associé à la mise en place d’un programme de prévention efficace. Nous pouvons réduire ce coût de 20 à 40 % tout simplement en adoptant des programmes de dépistage efficaces. Grâce à ces programmes, les professionnels de la santé pourront : surveiller leurs patients à distance; éliminer les visites à l’hôpital obligatoires toutes les deux semaines; et faciliter l’accès aux soins pour les patients qui vivent dans une collectivité rurale et qui n’ont pas de médecin.

4. Étudier le lien entre l’intensité des services de santé préventifs et les taux d’amputation dans les RLISS

Il s’agit d’une étude de cohorte populationnelle, rétrospective et écologique, visant à répondre à la question suivante qui s’articule en deux volets : existe-t-il un lien entre l’intensité accrue des soins des pieds offerts par les centres régionaux, couplée à la hausse des dépenses régionales pour les services de prévention de l’amputation, et le faible taux d’amputation régional? Cette étude précisera les données probantes cliniques visant à améliorer le système de santé (p. ex., soins des pieds régionaux et plans d’intervention pour la prévention de l’amputation) de manière à réduire le taux d’amputation.

L’ICES détient une vaste gamme de données, ce qui comprend les dossiers d’hospitalisation, les visites à l’urgence, les réclamations des médecins, les soins à domicile prodigués par le personnel infirmier et paramédical, les médicaments, les statistiques de l’état civil de même que les mesures de la situation socioéconomique. Le couplage déterministique de ces dossiers peut fournir un aperçu intéressant du fardeau imposé actuellement par les complications associées au pied diabétique, ce qui comprend les taux d’amputation régionaux, les groupes de patients et les régions bénéficiant d’un accès potentiel limité aux soins des pieds de même que l’intervention clinique et la survie des patients après leur amputation. Qui plus est, ces données concrètes populationnelles peuvent être utilisées dans les modèles économiques pour prévoir les effets sur la qualité de vie, les taux d’amputation, la survie et les coûts liés de même que les coûts des soins de santé associés aux nouveaux plans d’intervention régionaux.

Résumé

Ces approches permettront de : caractériser le fardeau clinique et économique des amputations; préciser les données probantes visant à intégrer les initiatives de prévention des amputations à l’échelle régionale; et répertorier les facteurs locaux qui facilitent ou freinent l’accès à des soins des pieds optimaux. Les données obtenues serviront de base à l’élaboration des nouveaux plans d’intervention régionaux intégrés à l’égard des soins des pieds et de la prévention des amputations, lesquels sont indispensables pour diminuer le nombre des amputations causées par le diabète partout en Ontario.

  • Améliorer directement la santé des Ontariens diabétiques qui courent le risque de subir l’amputation d’un membre.
  • Orienter l’innovation liée au système de santé en intégrant les services de prévention de l’amputation destinés aux patients dans toutes les régions de l’Ontario.
  • Encadrer la répartition des ressources limitées en soins de santé selon le meilleur rapport coût-efficacité en vue d’améliorer le système de santé, notamment en ce qui concerne les soins des pieds et la prévention de l’amputation.

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