Prendre les bonnes mesures pour prévenir les amputations liées au diabète

 

Que le Dr Charles de Mestral ait passé la matinée précédant notre entrevue à Queen’s Park, à promouvoir des soins améliorés des plaies pour les personnes vivant avec le diabète en Ontario ne devrait pas être surprenant. En effet, le chercheur et chirurgien vasculaire à l’Hôpital St. Michael s’est fait le porte-parole passionné de la nécessité d’endiguer la vague d’amputations liées au diabète.

Chercheur à Action diabète Canada, le Dr de Mestral a récemment codirigé une étude, publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), qui révèle une hausse du nombre d’amputations de membres inférieurs liées au diabète en Ontario. Même si ce résultat s’inscrit dans le contexte de la hausse du nombre de diagnostics de diabète de type 2 dans cette province, les résultats n’en demeurent pas moins alarmants.

« C’est décourageant, dit le Dr de Mestral, parce que beaucoup de ces amputations auraient pu être évitées. Nous savons que le diabète [de type 2] est en progression et qu’il est la cause probable de ce phénomène. » À son avis, la solution passe par la prévention du diabète et par un meilleur contrôle du taux de glycémie chez les personnes diabétiques, mais aussi par l’amélioration des soins des pieds. Contrairement aux autres complications du diabète, comme les maladies oculaires ou les dommages aux reins, les soins prodigués en cas de complications touchant les pieds ne sont pas toujours coordonnés. Il est possible que les patients doivent payer pour consulter un podologue ou un podiatre et que leur médecin de famille soit trop occupé pour examiner régulièrement leurs pieds, comme le recommandent les directives canadiennes et internationales pour les patients diabétiques. Ainsi, le patient reçoit les soins nécessaires seulement lorsqu’il est beaucoup trop tard, au moment où une plaie qui aurait pu être traitée facilement nécessite une approche beaucoup plus invasive.

Le Dr de Mestral, qui est chirurgien vasculaire, traite principalement la mauvaise circulation sanguine dans les jambes de ses patients. Il estime que, à eux seuls, lui et ses collègues de l’Hôpital St. Michael voient chaque semaine une douzaine de patients aux prises avec un problème mettant en danger un membre. La plupart du temps, ce problème est lié au diabète. « Nous savons qu’au Canada plus de 80 % des amputations sont associés au diabète, qui va souvent de pair avec une mauvaise circulation. Cette affection s’appelle la maladie vasculaire périphérique. Je vois trop souvent des patients qui luttent pour obtenir des soins adéquats à temps pour prévenir l’amputation. » Il a bon espoir que la sensibilisation des patients et l’intensification du succès des équipes de soins des pieds multidisciplinaires, formées de médecins, de podiatres, de podologues et d’infirmières, mèneront au diagnostic et au traitement précoces des ulcères du pied chez les personnes diabétiques afin qu’elles puissent guérir correctement au lieu de se faire amputer.

Il faut aussi une meilleure compréhension des problèmes associés à la hausse du nombre d’amputations et la collecte de données probantes justifiant des efforts de prévention partout au Canada. C’est pourquoi le gouvernement de l’Ontario a récemment octroyé au Dr de Mestral une Bourse de nouveau chercheur pour soutenir ses travaux. « Cette bourse me permet d’engager des étudiants de cycle supérieur et d’autres chercheurs pour étudier le problème de l’amputation chez les patients atteints de diabète et de maladie vasculaire périphérique, dit-il. Nous cherchons tout d’abord à mieux caractériser le fardeau de la maladie, grâce à des études comme celle publiée par le CMAJ qui se penche sur le taux d’amputation dans le temps en plus de cerner les régions et les groupes de patients présentant les taux les plus élevés de perte de membres de la province. » L’équipe du docteur analysera aussi les conséquences économiques de l’amputation et les efforts de prévention qui sont faits en Ontario à l’heure actuelle dans le but de mieux comprendre où des améliorations peuvent être apportées.

Bien qu’il espère que ses recherches amélioreront la vie des patients, le Dr de Mestral sait que les conseils pratiques peuvent également être utiles pour les personnes vivant avec le diabète qui craignent l’amputation. « Mon message le plus important pour toute personne vivant avec le diabète est : examinez vos pieds tous les jours ou demandez à un proche ou à un aidant de le faire pour vous. Recherchez des plaies, des rougeurs, des zones sensibles ou douloureuses et la décoloration des orteils. Si vous détectez l’un de ces signes, consultez immédiatement votre médecin de famille. Les personnes atteintes de diabète ont 30 % de chances de développer une plaie au pied au cours de leur vie. Heureusement, si la plaie est détectée tôt, les chances de guérison sont de plus de 80 %. »

Diabète Canada offre aux personnes diabétiques une liste pratique pour de meilleurs soins des pieds. Vous pouvez y accéder sur le site Web de l’organisme.

Pour de plus amples renseignements sur les travaux menés par Action diabète Canada dans ce domaine, visitez la section de son site Web consacrée aux soins des pieds et à la prévention de l’amputation d’un membre inférieur.

 


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