VIEILLISSEMENT ET SANTÉ COMMUNAUTAIRE ET DES POPULATIONS


Action diabète Canada continue de diversifier ses activités de recherche pour faire face aux défis auxquels sont confrontées les personnes diabétiques. Tous groupes d’âge confondus, ce sont les aînés qui présentent le plus haut taux de prévalence du diabète. De plus, d’autres affections chroniques, notamment les maladies du cœur, l’hypertension artérielle et l’arthrite, sont plus courantes chez les personnes plus âgées. Une étude réalisée en Ontario en 2012 par l’Institut des sciences évaluatives cliniques a révélé que 217 446 Ontariens âgés de 65 ans et plus étaient atteints du diabète et d’au moins deux autres affections chroniques. Comparativement au diabète seul, la présence d’autres affections chroniques est associée à une mortalité accrue, à une fonctionnalité réduite et à une augmentation du recours aux soins de courte durée, y compris les hospitalisations. Devant de telles statistiques, Action diabète Canada a décidé de s’associer à l’Unité de recherche sur la santé, la communauté et le vieillissement (URSCV) de l’École des sciences infirmières de l’Université McMaster, chapeautée par Maureen Markle-Reid, Ph. D., Jenny Ploeg, Ph. D., et Ruta Valaitis, Ph. D. La vision de l’URSCV est de « travailler avec les aînés aux prises avec de multiples affections chroniques et leurs proches aidants en vue de promouvoir un vieillissement optimal à la maison ». Les membres de l’URSCV ont lancé un nouveau programme axé sur un objectif de recherche précis, soit le programme sur le vieillissement et la santé communautaire et des populations, qui est centré sur les personnes âgées aux prises avec le diabète et d’autres affections chroniques.

Depuis ses débuts, Action diabète Canada cherche des occasions de collaborer avec des chercheurs du système de santé qui conçoivent des modèles de soins fondés sur l’engagement de la communauté pour améliorer la santé des personnes atteintes du diabète. Notre partenariat avec l’URSCV comblera l’écart entre la recherche et les soins prodigués aux patients en permettant la mise en œuvre et l’évaluation d’une approche orientée par le patient à l’égard des soins primaires et des soins communautaires offerts aux aînés. Depuis 2013, les chercheurs de l’URSCV travaillent en étroite collaboration avec des patients, des aidants et des partenaires communautaires en vue de concevoir et d’évaluer une intervention novatrice visant à améliorer la prise en charge du diabète chez les aînés qui vivent dans la collectivité atteints de multiples affections chroniques. Cette approche consiste en une intervention d’une durée de six mois basée sur des données probantes et conçue pour offrir du soutien aux aidants et intégrer les soins à divers milieux dans le but d’améliorer la santé des aînés diabétiques. Cette intervention est mise en œuvre par l’équipe interdisciplinaire expérimentée d’un organisme communautaire spécialisé en soins primaires et intègre les quatre composantes suivantes :

  1. Coordination des soins et navigation dans le système dirigées par une infirmière;
  2. Visites à domicile réalisées par des éducateurs en diabète certifiés (infirmières autorisées et diététistes) issus du milieu des soins primaires;
  3. Séances de groupe communautaires mensuelles coanimées par un partenaire communautaire (p. ex. YMCA) et un représentant du milieu des soins primaires;
  4. Conférences de cas mensuelles pour l’équipe d’intervention.

Des données antérieures ont démontré que les aînés qui avaient fait l’objet de l’intervention relative au diabète de l’URSCV en Ontario avaient connu des améliorations considérables en ce qui a trait à la qualité de vie – y compris la santé mentale – et à l’auto-prise en charge, et présentaient une diminution plus importante des symptômes de dépression par rapport aux patients qui recevaient les soins habituels pour le diabète. L’intervention a été bien accueillie par les patients, les aidants et les fournisseurs de services. Qui plus est, les améliorations décrites ont été réalisées sans engendrer de frais supplémentaires pour le système de santé. Des données préliminaires suggèrent également que l’intervention de l’URSCV en matière de diabète, une fois mise à l’échelle, procurera des bienfaits et permettra des économies de coûts. Enfin, Mmes Markle-Reid, Ploeg et Valaitis ont réussi à obtenir du financement pour mettre en œuvre ce programme dans d’autres milieux en Ontario, au Québec et à l’Île-du-Prince-Édouard, grâce à une subvention de fonctionnement des IRSC : Réseau de la SRAP sur les ISSIPL – subventions programmatiques. La demande soumise était intitulée ACHRU Community Partnership Program for Diabetes Self-Management for Older Adults-Canada [Programme de partenariat communautaire de l’URSCV visant à favoriser l’auto-prise en charge du diabète chez les aînés canadiens]. Action diabète Canada a appuyé cette demande de subvention et a hâte de travailler avec l’équipe de l’Université McMaster et ses collaborateurs en Ontario, au Québec et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les dirigeants de l’ACHRU – Maureen Markle-Reid et Jenny Ploeg à l’atelier annuel du Diabetes Action Canada 2018